Quand les séries coréennes s'emparent des décors d'Europe et d'Amérique
Si le cœur de la déferlante Hallyu bat inlassablement à Séoul, les scénaristes de K-dramas aiment de plus en plus s'offrir des escapades loin de la péninsule. Depuis le milieu des années 2010, l’Occident qu’il s’agisse des ruelles pavées d'Europe ou des gratte-ciels américains est devenu bien plus qu’un simple arrière-plan photogénique. C'est un véritable moteur narratif. En déracinant leurs personnages pour les plonger dans des cultures étrangères, ces séries créent un dépaysement total pour le public coréen et un sentiment de proximité unique pour les spectateurs occidentaux. Retour sur cette tendance qui combine l'esthétique léchée du voyage à la puissance émotionnelle de la fiction coréenne.
L'Europe est sans conteste la destination préférée des productions coréennes lorsqu'il s'agit d'insuffler une atmosphère magique, historique ou tragique à une histoire. Les scénaristes exploitent l'architecture ancienne pour renforcer la poésie de leurs récits.
La Grèce dans Descendants of the Sun (2016) : Les plages de sable blanc et les ruines d'une île grecque fictive (filmée en réalité à Zante et d'autres lieux en Grèce) ont servi de décor au coup de foudre entre un capitaine des forces spéciales et une chirurgienne militaire. L'exotisme du lieu a grandement participé au succès planétaire du drama.
L'Espagne dans Memories of the Alhambra (2018) : Grenade et son somptueux palais de l'Alhambra deviennent le centre d'un thriller de science-fiction technologique. Le contraste entre les vieilles pierres andalouses et un jeu en réalité augmentée ultra-futuriste crée une ambiance absolument unique.
La Suisse dans Crash Landing on You (2019) : Les paysages alpins de la Suisse (notamment Interlaken et Iseltwald) incarnent le havre de paix, le seul endroit neutre au monde où une riche héritière sud-coréenne et un officier nord-coréen peuvent vivre leur amour impossible.
Les séries qui choisissent l'Amérique du Nord se concentrent souvent sur des thématiques différentes, plus axées sur la jeunesse, les ambitions professionnelles, ou le choc culturel brutal.
La Californie dans The Heirs (2013) : Les premiers épisodes de ce classique adolescent se déroulent sous le soleil de Los Angeles et sur les plages de Malibu. Les États-Unis y représentent le lieu de l'exil pour le riche héritier joué par Lee Min-ho, et la solitude des étudiants étrangers.
Las Vegas et New York dans Vagabond (2019) : Ce thriller d'action à gros budget utilise le désert américain et l'immensité de Los Angeles comme point de départ d'une gigantesque conspiration politique internationale après un crash d'avion.
Pour les maisons de production coréennes, tourner à l'étranger répond à trois objectifs majeurs.
Les scènes à l'étranger bénéficient souvent d'un budget colossal, offrant une photographie digne du grand écran qui rompt avec le quotidien des décors urbains de Séoul.
Sortir les personnages de leur zone de confort (barrière de la langue, solitude de l'exil) permet d'accélérer les intrigues romantiques ou les prises de conscience personnelles.
Voir des superstars coréennes interagir à Cuba (dans Encounter), à Paris (dans The Package) ou au Canada (dans Goblin) est un immense clin d'œil aux communautés de fans internationaux résidant dans ces pays.
Les K-dramas se passant à l'étranger prouvent que la formule magique de la fiction coréenne est universelle et malléable. Qu'il s'agisse de sublimer la nostalgie des hivers suisses ou de faire vibrer le spectateur au rythme de l'action américaine, ces séries utilisent l'Occident comme un miroir de leurs propres émotions. Loin de dénaturer l'identité des dramas, ces voyages hors de frontières enrichissent le genre, offrant aux spectateurs du monde entier une magnifique invitation à l'évasion, une carte postale à la fois familière et profondément dépaysante.






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