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Le 1er Mars 1919 : Le Réveil de l'Âme Coréenne et la Naissance d'un Idéal

Le 1er mars n’est pas qu’une simple date sur le calendrier sud-coréen ; c’est le battement de cœur d’une nation qui a refusé de s’éteindre. En 1919, alors que la péninsule subissait depuis près d'une décennie la domination coloniale japonaise, un cri unanime pour la liberté a retenti des montagnes du nord aux côtes du sud. Ce mouvement, connu sous le nom de Samiljeol, a marqué un tournant irréversible dans l’histoire de la Corée et demeure le socle de la démocratie coréenne moderne. Entre courage pacifique, répression tragique et soif de souveraineté, retour sur l'événement qui a jeté les bases de la République de Corée moderne.

Un Cri pour la Liberté

En 1919, après près d'une décennie sous une domination japonaise stricte, le sentiment de résistance atteint son paroxysme. Inspirés par les principes d'"autodétermination des peuples" prônés par le président américain Woodrow Wilson après la Première Guerre mondiale, 33 activistes coréens rédigent une Déclaration d'Indépendance.

Le 1er mars 1919, à 14h00, cette déclaration est lue publiquement au parc Tapgol à Séoul. Ce qui ne devait être qu'une lecture pacifique s'est instantanément transformé en une vague de manifestations massives à travers toute la péninsule.

Le mouvement se distingue par sa nature non-violente à ses débuts. Des millions de Coréens descendent dans les rues en criant "Manse !" (Longue vie à l'indépendance coréenne).

Cependant, la réponse des autorités japonaises fut brutale.

Des milliers de manifestants furent tués, blessés ou torturés.

L'incident le plus tragique reste le massacre du village de Jeam-ri, où des civils furent enfermés dans une église incendiée par les troupes coloniales.

Le mouvement a révélé des figures héroïques comme Yu Gwan-sun, une lycéenne de 16 ans devenue la "Jeanne d'Arc coréenne", morte en prison après avoir refusé de renoncer à ses convictions.

Bien que le mouvement n'ait pas mené à l'indépendance immédiate, ses conséquences furent immenses. 

Il a conduit à la création du Gouvernement provisoire de la République de Corée à Shanghai en avril 1919.

Le Japon a été contraint de passer d'une "politique militaire" à une "politique culturelle" légèrement moins répressive.

Il a soudé le peuple coréen, toutes classes sociales et religions confondues (chrétiens, bouddhistes et membres du Chondoïsme).

Comment le Samiljeol est-il célébré aujourd'hui ?

Aujourd'hui, le 1er mars est une journée de fierté nationale et de recueillement.

Il est d'usage pour les citoyens de suspendre le drapeau national à leurs fenêtres ou devant leurs maisons.

Le président sud-coréen prononce traditionnellement un discours au Independence Hall de Corée à Cheonan, abordant souvent les relations diplomatiques actuelles avec le Japon.

Dans de nombreux quartiers, notamment à Insa-dong et au parc Tapgol, des acteurs et des citoyens revêtent le hanbok traditionnel pour rejouer les marches de 1919 en agitant des drapeaux.

La Constitution actuelle de la Corée du Sud, dans son préambule, déclare explicitement que le pays hérite des traditions juridiques du Gouvernement provisoire établi lors du mouvement du 1er mars.

Yu Gwan-sun : La "Jeanne d'Arc" de Corée

Yu Gwan-sun (1902–1920) est l'icône la plus vibrante du mouvement du 1er mars. Son histoire est celle d'une résistance inébranlable malgré son jeune âge.

Alors qu'elle n'a que 16 ans et étudie à l'université Ewha à Séoul, elle participe aux premières manifestations du 1er mars 1919. Suite à la fermeture de son école par les autorités japonaises, elle retourne dans sa ville natale, Cheonan.

Loin de se cacher, elle parcourt les villages voisins pour distribuer des drapeaux et convaincre la population de se soulever. Le 1er avril 1919, elle mène une manifestation massive au marché d'Aunae. Ses parents y sont tués par la police japonaise sous ses yeux, et elle est arrêtée.

Emprisonnée à la prison de Seodaemun, elle continue de crier pour l'indépendance, organisant même une manifestation dans sa cellule pour le premier anniversaire du mouvement en 1920. Elle meurt à 17 ans des suites de tortures brutales.

Elle incarne aujourd'hui la force morale du peuple coréen. Une citation célèbre qui lui est attribuée résume son esprit : "Même si mes ongles sont arrachés, que mon nez et mes oreilles sont coupés, et que mes jambes et mes bras sont brisés, cette douleur physique ne peut égaler la douleur de perdre mon pays."

La Symbolique du Taegukgi (Le Drapeau)

Le drapeau sud-coréen est l'un des plus riches en philosophie au monde, mêlant des concepts taoïstes et confucéens pour représenter l'univers.




Le Fond BlancPureté et PaixReprésente la terre et le peuple coréen, historiquement surnommé le "peuple aux vêtements blancs".
Le Cercle (Taegeuk)HarmonieLe rouge (Yang) et le bleu (Yin) illustrent l'équilibre parfait entre les forces opposées (lumière/obscurité, positif/négatif).
Les 4 TrigrammesÉléments de la natureSitués aux quatre coins, ils symbolisent les principes fondamentaux de l'univers.







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